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À la boutique Décembre 2025 Par Lijun

Trois thés rouges pour l'hiver : fils d'or, prince de Qimen, osmanthe

Le thé rouge, c'est le thé totalement oxydé — celui que les Anglais appellent « thé noir ». Quand l'hiver arrive, c'est vers lui que je me tourne. En voici trois, présentés à la boutique fin 2025 : un Yunnan aux fils d'or, un Qimen, et un thé à l'osmanthe.

Le thé rouge du Yunnan aux fils dorés, présenté à la boutique

Le Dian Hong aux fils d’or

Commençons par un thé rouge qui s’appelle 滇红金丝 diān hóng jīn sī : mot à mot, « thé rouge du Yunnan aux fils d’or ».

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un thé rouge ? C’est un thé totalement oxydé. Et l’oxydation ? Imaginez : vous coupez une banane en deux ; dix minutes après, votre banane devient marron. Pour le thé, c’est pareil. C’est d’ailleurs à cause de cela que les Anglais l’appellent « thé noir » — mais pour les Chinois, les thés noirs sont une autre famille de thé. J’en parle dans un autre article !

Celui-ci est un grand cru du Yunnan. La cueillette se fait à la main, à la récolte de printemps : un bourgeon, une feuille. Ce sont des critères très importants quand on parle de la qualité d’un thé. Regardez les feuilles : très riches en bourgeons, entières, longues, régulières, charnues.

Au final, non seulement c’est un thé qui a très bon goût, mais il donne aussi beaucoup d’énergie. C’est vraiment le thé idéal pour commencer la matinée.

Le Qi Men Hong Cha, le prince des thés rouges

Le prince des thés rouges : le Qi Men Hong Cha

Le 祁门红茶 qí mén hóng chá, le thé rouge de Qimen, vient de la province de l’Anhui, du côté de la Montagne Jaune, près de la ville de Qimen qui lui donne son nom. Ce thé existe depuis cent cinquante ans.

On le surnomme le prince des thés rouges : il est placé dans la liste des dix meilleurs thés chinois, et il est aussi très connu et réputé en Occident depuis longtemps.

Regardons les feuilles : petites et très fines — c’est une variété à petites feuilles —, pointues, serrées, légèrement torsadées, de couleur noire. Côté goût, il est fruité, floral et boisé tout à la fois ; c’est pour cela qu’on parle du « parfum de Qimen ». La liqueur est très fine, souple et très élégante.

Le thé rouge à l’osmanthe

Le 桂花红茶 guì huā hóng chá, c’est le thé rouge à l’osmanthe. L’osmanthe est une fleur à l’odeur fruitée, ronde et douce, avec une note d’abricot. En Chine, on l’utilise beaucoup pour préparer des gâteaux et des desserts, pour parfumer le thé et le vin, ou en parfumerie fine.

Cette fleur existe en plusieurs couleurs. Celle qu’on utilise pour le thé est la jaune, la plus parfumée — mais on peut aussi trouver la blanche et la rouge, y compris dans le nord de la France. Les fleurs sont cueillies à la main au mois d’octobre. Il faut 3 kg de fleurs fraîches pour parfumer 10 kg de thé : on les laisse reposer avec le thé pendant neuf heures, le temps que le parfum l’imprègne.

Celui que je vous propose vient de la Montagne Jaune, du jardin de M. Zha — ce cultivateur passionné dont je vous ai déjà parlé. C’est un endroit sans pesticides, où les insectes cohabitent et où le thé et les fleurs poussent côte à côte. Le mélange des deux donne un thé bien parfumé, au goût rond et doux. C’est vraiment le thé idéal pour le goûter : harmonieux, délicieux.

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